Paris, Londres, New York... comment gérer ce traditionnel triptyque dans un environnement international de plus en plus vaste ?
9 février 2006
Après la fusion de grands cabinets français avec des firmes américaines (exemple récent de Rambaud Martel avec Orrick), et l’éclatement international de Coudert Brothers, force est de constater que l’internationalisation est loin d’être une aventure facile. Pourtant, certains cabinets français avancent paisiblement sans encombre sur la place internationale, et ce, même avec succès. Pour n’en citer que quelques uns devenus aujourd’hui incontournables : les cabinets Gide Loyrette Nouel et Bureau Francis Lefebvre. Nous pourrions aussi citer Salans, qui présente l’originalité d’être un cabinet international créé sur la place parisienne.
Il est en effet de plus en plus impensable pour un grand cabinet français de ne pas mettre en place une stratégie internationale pérenne. Réseaux de best friend, alliances, création de bureaux, les stratégies pour s’implanter à l’international sont multiples.
Néanmoins, il faut reconnaître que dans la lutte contre la concurrence internationale, les cabinets français n’ont pas toujours été aidés par leurs institutionnels et leurs règlements. En effet, rappelons qu’à la mort de l’un de ses fondateurs, le cabinet Gide Loyrette Nouel a dû demander l’autorisation au Bâtonnier de Paris pour conserver le nom « Gide » dans la marque du grand cabinet français... Aujourd’hui, heureusement, le Barreau de Paris et le CNB sont plus réalistes. Même l’ancien Bâtonnier de Paris et actuel Président du CNB, Paul Albert Iweins, qui avait pourtant mis en garde les avocats français de se méfier de « l’ingérence des grands anglo-saxons » travaille actuellement dans un cabinet inter-national « Taylor Wessing ». Ainsi, point de crainte à avoir, les cabinets français deviennent de plus en plus rusés pour s’infiltrer dans la sphère internationale.
Lawinfrance a tenu à décrypter la stratégie de trois cabinets, originaux dans leur approche internationale :
Le cabinet Taylor Wessing : l’intégration inter-nationale d’institutionnels français ;
L’alliance Stibbe-Herbert Smith : Bruxelles, un trait d’union entre Paris et Londres.
Conclusion
Tout ce contexte international conduit à s’interroger sur le positionnement et le devenir de la place parisienne. En effet, le marché parisien évolue tellement vite qu’il est peu facile pour les cabinets français de prévoir sur le long terme. Comme le fait remarquer Benoit Giraux, du cabinet Salans, le marché parisien est « complexe ». L’exemple de Rambaud Martel est frappant. Malgré les attaques américaines et anglaises, l’opération récente sur le cabinet Rambaud Martel était inimaginable il y a un an...
Dans tous les cas, sortir de son microcosme parisien peut être une garantie de survie.
Marjorie RAFECAS
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