Stibbe et Herbert Smith : le point de vue d’un avocat bruxellois, allié avec Paris, Londres et Amsterdam.
février 2006
L’alliance que Stibbe a établie avec Herbert Smith (cabinet anglais ayant un bureau important à Paris) et Gleiss Lutz et qui couvre la plupart des pays européens constitue bien plus qu’un réseau de « best friends ». Cette alliance doit présenter pour les clients les avantages des cabinets intégrés tout en évitant, les inconvénients d’une telle intégration. Comme l’explique Olivier Clevenbergh, « Ce qui importe pour nos clients impliqués dans des opérations internationales, c’est de pouvoir compter sur des équipes intégrées auxquelles ils peuvent s’adresser comme à une seule firme ».
Il est plus efficace pour un cabinet chargé d’un travail international de traiter, dans les autres pays, avec des avocats qu’il connaît et qui, grâce à une relation stable et formalisée, seront attentifs à servir le client comme s’il s’agissait de leur propre client.
Dans cette alliance, qui repose sur une exclusivité réciproque, un service international uniforme est rendu possible par des contacts assidus entre les différents cabinets (« practice groups » communs, échange de know-how, détachements d’associés et de collaborateurs, etc.). Cette collaboration est identique à celle qui existe au sein d’un cabinet international intégré.
Par contre, l’alliance estime que ses clients ne sont pas concernés par la manière dont les différents cabinets réalisent leurs profits et les partagent entre leurs associés. Afin d’éviter les tensions que suscite souvent une intégration financière (les honoraires et la rentabilité ne sont pas les mêmes à Londres, Paris, Bruxelles ou Amsterdam), il paraît plus sage de laisser à chaque cabinet son autonomie à cet égard. Cette autonomie financière a pour conséquence que chaque cabinet peut fixer ses honoraires en fonction de son propre marché.
L’alliance permet d’éviter de favoriser le corporate au détriment de practices plus locales
L’indépendance au sein de l’alliance permet également à chaque cabinet de développer sur son marché les domaines d’activité qu’elle juge opportuns. Dans les firmes intégrées, la tendance est en effet forte de privilégier le département « corporate » ou la finance internationale car ce sont eux qui sont le plus souvent au centre des dossiers internationaux.
Les autres départements n’ont plus alors qu’une fonction de support. Il en va spécialement ainsi pour les pays où la rentabilité est moindre, comme la Belgique. Cette tendance ne correspond pas aux demandes des clients. En effet, sur de nombreux dossiers internationaux, certes le corporate et la finance sont importants, mais l’exécution de ces transactions internationales requiert également des compétences très spécialisées en droit du travail, droit de l’environnement ou droit public par exemple.
Londres, attractif par son dynamisme financier, Paris, par sa proximité culturelle
A la question « est-il plus intéressant pour un cabinet belge d’être allié à un cabinet londonien ou parisien ? », Olivier Clevenberg estime que la place de Londres et la place de Paris sont toutes deux essentielles. Londres, en raison de sa nature de centre financier mondial, génère beaucoup d’affaires ayant des implications dans d’autres pays. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Stibbe a également un bureau à Londres, ce qui facilite la collaboration sur place avec Herbert Smith.
Paris, outre qu’elle constitue également une place très importante au niveau mondial, présente des liens étroits avec la Belgique. La proximité géographique, la communauté de langue et de culture juridique, dans une certaine mesure, ont pour conséquence qu’il y a de très nombreuses entreprises présentes sur les deux marchés. La présence d’Herbert Smith à la fois à Londres et à Paris (entre autres) est donc un élément très important pour Stibbe.











