Et vous, quelle est votre réputation (numérique) ?
9 mai 2007
Une part croissante des gens utilise un moteur de recherche pour se renseigner sur tout, que ce soit leurs achats personnels, leurs horaires de train, le numéro de téléphone de votre cabinet... Et fil en aiguille, même ceux qui ne sont pas accrocs de la “googlelisation” , trouve forcément des infos sur vous.
Qu’est-ce que “googleliser” ou “googler” ? Tout simplement, le fait de chercher sur Google (ou ailleurs) ce que l’on trouve sur une personne avant ou après un échange. Une habitude croissante, très simple, permettant à la fois de vérifier qui vous êtes et le niveau de crédibilité que l’on peut vous apporter.
Des sources différentes indiquent que 50 à 70% des internautes professionnels recourent à cette pratique. Nous ne sommes plus dans l’andecdotique !
I. Etat des lieux...
70 à 90 % des documents produits dans le monde existent dans un format numérique ! Vous y serez forcément un jour... plus ou moins facile à trouver selon “la singularité” de votre nom, mais rien ne peut être durablement invisible sur Google pour qui sait chercher...
L’objet de cet article est donc de vous faire prendre conscience que vous serez un jour cité que vous le vouliez ou non sur internet, et qu’il vous faut alors y avoir une bonne image, pour la bonne santé de votre cabinet...
Alors saisissez tout de suite votre clavier pour vérifier cela. Tapez par exemple votre nom suivi de “avocat” sur Google.
Alors, rien trouvé dans les dix premiers résultats ? Bilan neutre donc, sur ces bonnes bases, il ne reste plus qu’à travailler le côté positif de votre “réputation” internet.
Plusieurs cas :
1 - On ne trouve rien sur Google : Votre interlocuteur en tirera des conclusions imprévisibles, allant du négatif au neutre selon son attitude vis-à-vis de cette pratique de la “googlelisation” et l’importance qu’il attache au web.
2 - On trouve quelques pages : C’est rassurant, un rapide coup d’oeil permettra d’en savoir un peu plus sur vous et vos compétences et voir si vous êtes la personne que l’on cherche et si l’on peut a priori vous faire confiance.
3 - On trouve plus de 10 sites : vous êtes carrément une célébrité, c’est bien, mais de quoi s’agit-il ? Il faut vérifier le contenu maintenant pour commencer à vous juger.
Dans le premier cas, rien de forcément grave, c’est le lot de l’immense majorité des gens pensez vous.
Etes vous certain de cela ?
Vous êtes avocat ou juriste salarié ?
Vous figurez forcément sur un ou plusieurs annuaires (le barreau par exemple, ou un des annuaires web, que vous y soyez inscrit volontairement ou non).
Votre CRFPA, école, ou une association publie peut être une liste des anciens élèves ou de membres.
Il y a votre site internet si vous en avez un, ou celui d’un réseau auquel vous appartenez.
Vous êtes dans les dernières années intervenu dans une conférence ?
Vous avez écrit un article publié dans la presse ou sur un site ?
... et il ne s’agit là que de quelques raisons professionnelles de figurer sur internet, il y en a bien d’autres.
Dans les deux cas où vous trouvez des informations sur vous :
Les connaissiez-vous toutes ? Sont-elles positives ? Attention, une page positive peut devenir négative si elle date, voire indique des informations devenues périmées avec le temps (la taille de votre cabinet il y a 5 ans, votre spécialisation unique à vos débuts, un associé parti créer un cabinet plus connu maintenant...).
Votre réputation avant internet était très locale, ou se répandait dans votre milieu professionnel proche. Avec internet, elle se répand partout, pour longtemps, et mêle aspects professionnels et personnels. Un message écrit sur un forum en français pourra être lu par toute personne francophone, pendant des années peut-être. Vous imaginez bien que ça peut tout autant, en fonction de l’écrit, du sujet et du lieu où il est diffusé, être très positif, neutre ou catastrophique.
Ah, au fait, nous n’avons pas écrit “un message que vous écrivez”, mais “un message”... de vous ou SUR vous (un stagiaire ou ancien collaborateur peut parler de vous par exemple, ou un journaliste, etc).
Vous voyez sans doute dans les lignes qui précèdent un premier enseignement :
Que vous le vouliez ou non, on parle ou parlera bientôt de vous sur internet. Et tout le monde participe à votre réputation sur internet, comme dans la “vraie vie”. Avec une différence de taille : vous pouvez y prendre une part active et tenter de contenir ou maîtriser sur ce qui apparaît dans ces premières pages de Google...
Qu’est ce qui fait la valeur de votre cabinet ? Tout de suite, sa clientèle. Mais à long terme : Ses femmes et ses hommes, et sa réputation, sa capacité à attirer des clients.
Avant de passer à la question de la construction active et maîtrisée de votre réputation, sachez quand même qu’il existe des outils performants pour avoir une vue plus globale que celle proposée par Google.
Une dernière chose : Peut-être êtes-vous en recherche de collaboration ? Votre prochain employeur pourrait bien aussi vous “googleliser”...
II. Comment construire et tenter de maîtriser votre “e-réputation” ?
Tenter est le mot, car elle ne dépend pas que de vous comme on l’a vu, mais partiellement quand même.
Avant tout, dressez un état des lieux précis, par plusieurs requêtes (le nom de votre cabinet, votre nom avec ou sans votre profession, votre ville...) sur google.fr et yahoo.fr. De même sur des sites du type del.icio.us, cherchez les citations vous concernant.
Essayez tout d’abord de corriger ce qui vous semble négatif, trop vieux, etc : Ecrivez gentiment aux éditeurs des sites concernés, et demander une correction. Vous n’aurez pas toujours de réponse, ne pourrez pas toujours (notamment sur un forum), mais commencez par le plus simple ainsi.
En cas d’atteintes que vous jugez graves, essayez les voies légales... Long et difficile selon l’origine géographique des sites, mais faisable (c’est d’ailleurs un nouveau marché pour les avocats ;-)
Répétez cette veille au moins une fois par an ! Mais surtout apprenez à construire au mieux votre “web réputation”... La construire, cela signifie prendre une part active : Ecrivez vous-même ce que vous aimeriez lire, ou ce que vous aimeriez que vos partenaires et (futurs) clients lisent.
Voici quelques moyens...
1. En premier lieu : votre site naturellement.
Maintenez-le à jour, suffisamment complet pour qu’il “ait du sens” et soit rassurant, tant dans la forme que dans le fond.
Si vous vous sentez de taille à écrire plusieurs fois par mois, pensez à créer en plus ou à la place un blog : Des analyses courtes mais pointues, des commentaires d’actualité dans votre ou vos domaines, s’ils sont assez originaux et réactifs, vous attireront des visites utiles et votre blog sera valorisant.
Si le rythme d’un article minimum par semaine vous effraie, conservez l’idée d’un site internet simple - mais actualisé.
Un avantage du blog est qu’il sera un peu votre site personnel, aux côtés du site du cabinet, et vous jouerez là une carte d’image plus forte, plus individuelle, plus “humaine” que sur un site “corporate”.
2. Vos réseaux :
Soyez présent et un minimum actif sur les sites internet de vos réseaux (associations d’anciens élèves, associations d’avocats) mais aussi sur au moins un grand réseau dit “social”. Choisissez un site de réseau assez professionnel, favorisant les échanges et rencontres mêmes virtuelles (par exemple en France, Viadeo, 6nergies...).
Pensez aussi aux annuaires : aussi spécialisés que possible si vous l’êtes, mais au moins les annuaires “semi-généralistes” (comme lawinfrance.com, qui devient chaque jour un peu plus le premier annuaire des cabinets d’avocats d’affaires utilisé en entreprise).
3. Les forums et lieux d’échanges (listes de discussion...) :
Prenez part à des discussions régulières sur des sujets qui vous sont proches professionnellement, que vous maîtrisez, et construisez ainsi petit à petit une image d’homme (ou femme) d’expérience.
4. Ecrivez sur les sites des autres :
Articles, commentaires... Trouvez les sites qui sauront vous valoriser, et publiez, mais pertinent ! Inutile d’”écrire pour écrire” sans plus value, les internautes le comprendront tout de suite.
Que communiquer sur ces supports ?
Votre activité, vos participations à des conférences, formations, etc, vos analyses dans vos domaines de droit, vos appartenances à des réseaux... bref tout ce qui peut petit à petit construire une image forte et “pro” de vous.
Qu’il s’agisse d’un client, rassuré et peut-être fidélisé, d’un prospect, intéressé, d’un partenaire, attiré, d’un recruteur, alléché... votre lecteur n’hésitera plus à entrer en contact avec vous !
Prenez votre réputation en main, regroupez les informations sur vous... et songez que si cela n’est pas immédiatement payant, votre réputation sur internet va vous suivre... longtemps, aussi longtemps que vous et internet...
Et quand tout cela sera fait, n’oubliez pas “la vraie vie”, et déclinez dans la presse, l’événementiel...
Dans un prochain article, nous vous montrerons comment Lawinfrance.com peut vous aider, chiffres et exemples à l’appui... Mais voici déjà quelques infos ici.
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Des outils et informations complémentaires pour aller plus loin...
"L’indispensable gestion de la réputation numérique" - Christophe Deschamps
"Internet ne vous oubliera pas" - Frédérique Roussel
Reputation Defender, outil de protection et de maîtrise de votre identité
Scanblog, outil d’observatoire de votre image en ligne
... Il existe toutes sortes d’outils pour vous aider à gérer votre réputation en ligne : systèmes de veille, de témoignage sur vous (www.opinity.com par exemple), outils d’agrégation et de construction de votre identité (www.squidoo.com...).











